La littérature sous caféine


mardi 4 juin 2024

Les rigides

Pour une fois, le cinéma est en avance sur la littérature. La Palme d'Or est allée cette année à un film américain de Sean Baker, "Anora", mettant en scène une TDS. Avant d'écrire La Viveuse je m'étonnais déjà que seul le cinéma américain, avec The Sessions, ose parler du thème sensible de l'accompagnement sexuel pour handicapés. Après, j'ai été atterré par la réaction de journalistes qui me déclaraient, affligés : "Mais pourquoi donc parler d'un thème pareil ?" Eh bien, parce que c'est intéressant, voilà tout. Encore faut-il dépasser le stade d'une certaine rigidité qui se croit vertueuse.

mercredi 29 mai 2024

Oracles littéraires

Il y a quelques jours, un homme s'est fait tuer rue des Envierges, au-dessus du parc de Belleville, à l'endroit exact où j'avais imaginé une série de meurtres dans le tout premier de mes "Contes noirs du Paris moderne", "La grosse du quartier". Mystère des oracles littéraires...

Article du Parisien.

mardi 28 mai 2024

Ruhaud au Père-Lachaise (Amitiés littéraires 1)

Dans le cadre enchanteur du Père-Lachaise, discussion libre avec Etienne Ruhaud à propos de Houellebecq, Nerval, Colette, Balzac, Jean Rollin, la dépression, la mélancolie, les animaux, la littérature érotique, accessoirement quelques-uns de nos livres...

lundi 27 mai 2024

Un brin de culture à la Nouvelle-Orléans (Amitiés littéraires 2)

Quelques aperçus de ma virée à la Nouvelle-Orléans. Rencontre avec le libraire Russell Desmond (Livres d'Arcadie), lecture d'extraits de l'Abbé Prévost, Chateaubriand, Baudrillard, Lovecraft, réflexions sur la culture créole ou l'architecture, blues, rock, jazz, musique cajun...

mercredi 22 mai 2024

Répartition

Les Américains sont meilleurs que nous pour l’accueil, la propreté, le sens du spectacle, le volume des voitures, la taille des maisons, la force des voix, la musique populaire, les rapports de force, la danse, l’expressivité, l’enthousiasme, la passion pour l’argent, la performance, le talent pour monétiser les rapports sociaux (ça se voit à la prolifération des publicités pour les cabinets d’avocats et les bureaux de défense des consommateurs).

Ils sont moins bons que nous pour la cuisine, les trottoirs, l’enfouissement des réseaux électriques, les transports publics, l’écologie (utilisation excessive des sacs plastiques, de l’éclairage, des grosses cylindrées), le bon goût.

mardi 21 mai 2024

Les bonbons dans la bannette

Cette chauffeure ne mâche pas ses mots. "New Orleans ? La pire erreur de ma vie. Je suis arrivée ici il y a deux ans et je fais tout pour repartir. On m'avait promis un bon job, j'ai acheté une maison et je me suis fait renvoyer. Depuis, je fais des courses Uber pour payer les factures. J'ai hâte d'avoir assez d'argent pour éponger mes dettes et foutre le camp d'ici. C'est une ville dangereuse. J'ai vu plusieurs cadavres. La dernière fois, il y eu des coups de feu, les gens fuyaient. Est-ce qu'on apprend de ses échecs ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne referai pas la même erreur. En attendant j'essaye d'apporter un peu de bonheur aux gens en décorant cette voiture. Servez-vous, il y a des bonbons dans la bannette."

mercredi 15 mai 2024

Orgie de maisons

A New-Orleans les gens viennent pour des orgies de musique mais on peut se gaver de façades. Maisons creoles, cottages de style ante bellum, manoirs Greek Revival, bâtisses d'inspiration espagnole, mobile homes colorés... Il y en a pour tous les goûts, toutes les atmosphères... Sans parler des bicoques délabrées, mais celles-ci on les trouve partout en Amérique.

jeudi 9 mai 2024

Bohème

Tennessee Williams considérait qu'il n'y avait que trois villes aux USA, trois villes intéressantes : San Francisco, New-York et New-Orleans. Je suppose qu'il le disait pour le mélange des populations, pour la richesse culturelle, mais aussi pour la liberté. Car il régnait dans la société créole, de langue française et catholique, une liberté de moeurs qui n'existait pas dans l'Amérique puritaine. En dépit des conflits, Blancs, métisses et gens de couleur libres se fréquentaient dans la Nouvelle-Orléans française des 18e et 19e siècles. Le parfum bohème vient de là. Le Faubourg Marigny (photo) était un quartier de maisons construites par des esclaves affranchis. Aujourd'hui, on le qualifierait en France de bobo.