La littérature sous caféine


vendredi 3 janvier 2025

L'effet du froid

"Je lutte contre la grossophobie littéraire !" clame Grégoire Bouillier en préambule de la présentation de son dernier roman par Sébastien Reynaud (Zone critique). "Quand un lecteur se plaint de l'épaisseur de mon livre, je lui réponds que mon livre n'est pas gros. C'est lui qui n'a pas le temps de lire !" S'ensuit une passionnante discussion sur le syndrome de Florence. Celle-ci me rappelle un vieux billet écrit ici même, à propos du fait que certaines œuvres d'art avaient le don, bien placées dans un musée, de me foudroyer - surtout quand il fait froid ! En ce moment, les circonstances y sont favorables...

jeudi 2 janvier 2025

Mysticisme laïc

C''est étrange, je me plonge à corps (esprit, coeur...) perdu dans les mystiques parce que leurs livres répondent à des intuitions qui m'ont suivi depuis des années (que dis-je, des décennies). Jusqu'à maintenant, je ne parvenais pas à les théoriser. Je me contentais d'en parsemer quelque-uns de mes romans. A vrai dire, je suis un mystique laïc ! Je ne crois pas en Dieu mais je recherche malgré tout cette "fine pointe de l'esprit" en contact avec un plan supérieur de compréhension. Cela fait un peu peur, dit comme ça, mais il s'agit d'un monde apaisant. Désormais je fréquente un peu moins les romans, davantage ces livres étranges aux titres magnétiques : La nuit obscure, Le château intérieur, Le livre des oeuvres divines...

mardi 17 décembre 2024

Le problème des institutions

Sur le plateau de Ruquier, quelques jours après l'assassinat de Samuel Paty, j'ai déclaré que la lâcheté de l'administration dans l'affaire Mila n'avait pas été de bon augure. Au fond, ce n'est pas la peur de l'islamisme qui susciterait tant de comportements pusillanimes chez le maire, la principale, le "référent laïcité", certains collègues... C'est bien plutôt la peur de passer pour islamophobe. Quoi qu'il en soit, le livre "Le cours de monsieur Paty" (Albin, 2024), co-écrit par Emilie Frèche et Mickaëlle Paty, dans la lignée de l'excellent opus de David DiNota, est accablant. J'ai hâte de lire un compte-rendu détaillé du procès. Plus que jamais, je suis conscient du fait que les professeurs ne sont pas soutenus. J'en ai parlé dans des livres, j'en ai parlé sur des plateaux. Un moment, j'ai eu la naïveté de penser que les choses évoluaient - le même genre de naïveté que celle de Paty. Mais je suis devenu fataliste. Les institutions sont peut-être faites pour cela : ne penser qu'à leur propre survie.

lundi 16 décembre 2024

Jardins

En écrivant son "Jardin des supplices" (1899), Mirbeau a forcément pensé au "Jardin des délices" de Bosch. Cette histoire de virée cauchemardesque dans une prison-jardin réservant aux prisonniers des raffinements de tortures, c'est Sade mêlé de révolte sociale et de beau style. Il faudra attendre la fin du 20eme et le torture porn d'Eli Roth pour retrouver cette perversion revendiquée, ce jusque-boutisme dans l'esthétisation du pire.

mercredi 11 décembre 2024

Triste Russie



Il y a les livres désespérés qui finissent par faire rire parce qu'ils sont énergiques (Schopenhauer, Houellebecq, Mirbeau). Et puis, il y a les livres vraiment tristes, les livres sordides. Curieusement, c'est souvent du côté de la Russie qu'ils me parviennent. Je me suis senti triste après "La supplication" (1983) du prix Nobel Svletana Alexievitch. Je suis sorti accablé du "Soleil des morts" (1923) d'Ivan Chmeliov, qui relate avec une curieuse douceur, un fatalisme déchirant, le fameux Holodomor en Crimée. La postface souligne combien les réfugiés n'ont pas reçu bon accueil en France, ce qui fait un curieux contraste avec la situation actuelle. A ne pas lire l'hiver..

mercredi 4 décembre 2024

Sexe et béquilles

Pour le dossier "Notre vie sexuelle" de Zone critique, j'ai fait le récit de mon enquête pour "La Viveuse" (réservé aux abonnés).

lundi 2 décembre 2024

Le dîner du cochon

mercredi 27 novembre 2024

Le potache est servi



"Le potache est chervi !" C'est par cette phrase destinée à devenir rituelle que j'ai ouvert le Dîner de l'escargot, première soirée de travail du Cercle d'études potaches. Nous étions cernés par les touristes russes et taïwanais. La cargolade arrosée de champagne a vite éparpillé la conversation façon puzzle. Heureusement, Ariane a manié la cloche au bon moment pour nous ramener sur la voie exigeante que nous nous étions fixée.