La littérature sous caféine


mercredi 29 mai 2024

Oracles littéraires

Il y a quelques jours, un homme s'est fait tuer rue des Envierges, au-dessus du parc de Belleville, à l'endroit exact où j'avais imaginé une série de meurtres dans le tout premier de mes "Contes noirs du Paris moderne", "La grosse du quartier". Mystère des oracles littéraires...

Article du Parisien.

mardi 28 mai 2024

Ruhaud au Père-Lachaise (Amitiés littéraires 1)

Dans le cadre enchanteur du Père-Lachaise, discussion libre avec Etienne Ruhaud à propos de Houellebecq, Nerval, Colette, Balzac, Jean Rollin, la dépression, la mélancolie, les animaux, la littérature érotique, accessoirement quelques-uns de nos livres...

lundi 27 mai 2024

Un brin de culture à la Nouvelle-Orléans

Quelques aperçus de ma virée à la Nouvelle-Orléans. Rencontre avec le libraire Russell Desmond (Livres d'Arcadie), lecture d'extraits de l'Abbé Prévost, Chateaubriand, Baudrillard, Lovecraft, réflexions sur la culture créole ou l'architecture, blues, rock, jazz, musique cajun...

mercredi 22 mai 2024

Répartition

Les Américains sont meilleurs que nous pour l’accueil, la propreté, le sens du spectacle, le volume des voitures, la taille des maisons, la force des voix, la musique populaire, les rapports de force, la danse, l’expressivité, l’enthousiasme, la passion pour l’argent, la performance, le talent pour monétiser les rapports sociaux (ça se voit à la prolifération des publicités pour les cabinets d’avocats et les bureaux de défense des consommateurs).

Ils sont moins bons que nous pour la cuisine, les trottoirs, l’enfouissement des réseaux électriques, les transports publics, l’écologie (utilisation excessive des sacs plastiques, de l’éclairage, des grosses cylindrées), le bon goût.

mardi 21 mai 2024

Les bonbons dans la bannette

Cette chauffeure ne mâche pas ses mots. "New Orleans ? La pire erreur de ma vie. Je suis arrivée ici il y a deux ans et je fais tout pour repartir. On m'avait promis un bon job, j'ai acheté une maison et je me suis fait renvoyer. Depuis, je fais des courses Uber pour payer les factures. J'ai hâte d'avoir assez d'argent pour éponger mes dettes et foutre le camp d'ici. C'est une ville dangereuse. J'ai vu plusieurs cadavres. La dernière fois, il y eu des coups de feu, les gens fuyaient. Est-ce qu'on apprend de ses échecs ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne referai pas la même erreur. En attendant j'essaye d'apporter un peu de bonheur aux gens en décorant cette voiture. Servez-vous, il y a des bonbons dans la bannette."

mercredi 15 mai 2024

Orgie de maisons

A New-Orleans les gens viennent pour des orgies de musique mais on peut se gaver de façades. Maisons creoles, cottages de style ante bellum, manoirs Greek Revival, bâtisses d'inspiration espagnole, mobile homes colorés... Il y en a pour tous les goûts, toutes les atmosphères... Sans parler des bicoques délabrées, mais celles-ci on les trouve partout en Amérique.

jeudi 9 mai 2024

Bohème

Tennessee Williams considérait qu'il n'y avait que trois villes aux USA, trois villes intéressantes : San Francisco, New-York et New-Orleans. Je suppose qu'il le disait pour le mélange des populations, pour la richesse culturelle, mais aussi pour la liberté. Car il régnait dans la société créole, de langue française et catholique, une liberté de moeurs qui n'existait pas dans l'Amérique puritaine. En dépit des conflits, Blancs, métisses et gens de couleur libres se fréquentaient dans la Nouvelle-Orléans française des 18e et 19e siècles. Le parfum bohème vient de là. Le Faubourg Marigny (photo) était un quartier de maisons construites par des esclaves affranchis. Aujourd'hui, on le qualifierait en France de bobo.

mercredi 8 mai 2024

Courage et fantaisie de Léo Scheer

J'ai publié quatre livres chez Léo Scheer. Je n’ai croisé que rarement cet homme affable mais j’ai toujours aimé son ouverture d’esprit. Elle est si rare. Je suis chaque jour plus conscient de sa valeur. Qui d’autre pouvait accueillir dans ses collections des titres aussi improbables que « Suicide girls » ou « La Viveuse » ? Qui d’autre pouvait s’en amuser, preuve qu’il avait compris la charge à la fois subversive et drôle de toute littérature ? Angie David a déjà repris le flambeau. Puisse-t-il inspirer d’autres audaces. Merci Léo, tu te proclamais anarchiste mais au fond c’était le courage et la fantaisie qui te guidaient.

mardi 7 mai 2024

Sazerac

A la Nouvelle-Orléans je mange des petits déjeuners créoles, des saucisses d'alligator, du boudin, des oeufs brouillés, des scones, des beignets, de la purée de maïs, des crevettes épicées, des Po-boys, des gumbos, des jumbalayas, des cacahuètes au chocolat, des bretzels à la crème, du poulet frit, des crevettes frites, des écrevisses à l'étouffée, de l'andouille, du bacon, des burgers cajuns, des pralines. Je bois des litres de café, d'IPA, de Sazerac, de Daiquiri, respirant les vapeurs de marijuana dans les environs de Bourbon Street. Heureusement, les transports publics sont rares et je marche beaucoup.

samedi 4 mai 2024

Défendre le français louisianais

De visite à l'Alliance française de la Nouvelle-Orléans pour une conversation créole, j'ai le plaisir d'échanger avec Lawson Ota, ardent défenseur des "créoles et français de Louisiane". La langue cajun a disparu de la Nouvelle-Orléans. La vie citadine accélère l'américanisation ; Créole et français manquent de structures, comme il en existe par exemple en France pour le breton. Lawson déplore par ailleurs la tendance à réduire le français de Louisiane au cajun. En effet, d'autres que les Acadiens parlaient français. Les "Américains" ont plus ou moins consciemment divisé le monde créole entre Blancs et non Blancs; dans ce qui est devenu le "French quarter", toutes les populations se mêlaient pourtant. Cette façon d'opposer et de séparer les populations par zones fragilise le monde créole. L'un des nombreux paradoxes d'un pays qui se veut défenseur des minorités...