La littérature sous caféine


mercredi 8 octobre 2008

Animaux cools au soleil / Animaux buvant l'apéro (+ Clip de la semaine)



(Clip de la semaine : Chanson d'une belle noirceur et d'une densité rare que cette "Letter" de la divine PJ Harvey... Je deviens de plus en plus fan de la discographie de cette chanteuse sombre, parfois un peu bruyante, mais dont certains albums, flirtant avec le blues, sont de pures merveilles. Qui plus est, l'excellent clip de ce titre me rappelle mes deux semaines de vadrouille en Californie de cet été...)

1) Dans une classe de seconde :
- On a vu ce que voulait dire Mégalomanie... Vous connaissez le sens de paranoïa ?
Cri du coeur d'une élève :
- C'est ma mère !

2) Au comptoir d'un bistrot du Marais, un type dévore le Journal du Dimanche avec avidité, deux fois de suite, intégralement, sans jamais faire un mouvement, les yeux figés. A sa droite une femme d'un certain âge se fait servir un verre de rosé, puis s'adresse au chihouahoua qu'elle vient d'installer sur un tabouret, à hauteur de comptoir : "Tu es bien ici, non ? Dis donc, tu ne parles pas beaucoup aujourd'hui !"

3) Au cimetière du Père Lachaise, un petit vieux caresse avec extase un chat qui se prélasse dans un bac à fleurs, trônant sur une tombe de béton :
"Il t'en faut pas beaucoup, toi ! Hein qu'il t'en faut pas beaucoup pour être heureux ?"

lundi 6 octobre 2008

Du sexe et de la boue (Jean-Baptiste Del Amo : Une Education Libertine)



Rentrée Littéraire 2008 (2)

Livre étonnant que cette Education Libertine de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard), roman très remarqué par les critiques, et notamment pour son style : il est vrai qu'on est tout de suite saisi par l'ampleur et la qualité de cette prose tout en classicisme, en formules élégantes et précises.

A se demander même s'il ne s'agit pas d'un simple exercice de style, ou même d'un pastiche des auteurs du 18ème ou du 19ème. Le livre regorge d'imparfaits du subjonctif et de termes vieillis, l'intrigue elle-même fait penser aux Liaisons Dangereuses, à Manon Lescaut, avec des clins d'oeil vers Sade ou Rousseau, et se situe d'ailleurs au 18ème : un jeune homme arrive à Paris de sa Bretagne natale et, frappé par le véritable cloaque qu'est la ville, se lance bientôt dans la prostitution masculine et dans la manipulation amoureuse.

Les deux cents premières pages sont essentiellement composées de descriptions de la ville, et de la misère maladorante qui s'y déploie : on dirait vraiment du Zola pour la richesse du vocabulaire et par le véritable tour de force d'étendre les descriptions sur des dizaines de pages, à la seule différence près que le travail de JB Del Amo est plus abstrait, d'une certaine manière : il ne situe pas ses tableaux dans un lieu précis, ou dans une catégorie socio-professionnelle bien définie, mais il tente de saisir l'aspect grouillant de la foule pour lui-même, ou la purulence de la ville dans son ensemble.

Cela donne des choses du genre :

"Dans cette géhenne, la chaleur de l'été collait aux visages comme un masque, drapait les corps de feu, tuait les bêtes qui tentaient de survivre en quelque coin d'ombre, suffoquait les femmes aux poitrines poisseuses. Les glandes sudorales déversaient par flots leurs humeurs. Jaillies d'aisselles velues, elles s'écoulaient des fesses aux flancs puis sur les jambes. Fondue comme du beurre sur les fronts, la sueur piquait aux yeux, répandait son sel aux bouches haletantes." (p13)

Par ailleurs, la première scène de sexe n'arrive qu'à la page 200 ! Surprenant, pour un livre qui parle de libertinage... Les scènes en question seront bien écrites, presque poétiques, mais elles confirmeront l'impression que l'auteur s'amuse avec nous, promène sa plume et ses fantasmes au gré d'une inspiration qui se cherche...

"Le contact du pectoral sous sa paume inonda son corps de concupiscence et, violemment, comme s'il eût senti cet émoi, Etienne porta une main à la chevelure de Gaspard, l'empoigna sans clémence, l'arriva vers lui. Suffoqué, Gaspard chercha la langue chaude, explora les dents, goûta la salive déversée dans sa bouche. Tandis que les mains d'Etienne parcouraient son dos, se glissaient sous sa chemise pour éprouver la texture de sa peau, celles de Gaspard, tremblantes, empoignaient l'ovale de ses fesses. Le désir si souvent réprimé explosa à la seconde même, étourdit son esprit, fit courir à la surface de sa peau un interminable frisson. Enchevêtrés l'un dans l'autre, ils s'effondrèrent sur la couche." (p202)

vendredi 3 octobre 2008

Ni de droite, ni de gauche, mais alors où ? (Entre les Murs et Bégaudeau, suite)



Après l'impression d'ensemble sur le film de Laurent Cantet, Entre les Murs, quelques remarques sur l'accueil fait au film :

Les réactions en salle des profs, tout d'abord. Je suis très surpris par l'animosité que le film inspire, et pas du tout dans les rangs (très maigres) des profs "à l'ancienne", ou conservateurs (cela existe-t-il seulement dans le 93 ?). Le contraste est surprenant avec le déluge d'éloges qu'on voit dans la presse (à peu près unanime). Si je devais faire la synthèse de ce que j'ai déjà entendu, cela donnerait quelque chose du genre : "Il sabote complètement l'image des profs ! Déjà qu'on rame à récolter des crédits pour l'école, qu'est-ce que ça va être maintenant ? Il est incapable de tenir une classe, ce type ! En plus il ne fait jamais cours... Ses élèves n'apprennent rien ! Et puis quelle image il donne des blacks et des beurs ? A en croire le film ils sont tous débiles, incapables de faire une phrase correcte ! On n'a pas des élèves comme ça, nous ! D'ailleurs ce mec il n'est plus prof, il s'est planqué dès qu'il a gagné de l'argent avec ses livres... Franchement, il n'a pas de leçons à donner !"

Toutes ces impressions rejoignent l'article du Nouvel Obs du 25 Septembre 2008 recueillant les réactions de huit profs et intitulé : "Huit profs notent "Entre les Murs" : Zéro Pointé !" On y lit par exemple : "Avec "Entre les Murs", l'école cesse d'être un roman suave. C'est une fresque pleine de cris et d'invectives, où nos enseignants se sentent trahis, bafoués même. "Le film risque d'apporter de l'eau à tous les "déclinologues" qui disent qu'on ne peut plus faire cours, que c'est de la gabegie", regrette Marie-Cécile. D'une seule voix, les huit spectateurs dénoncent la caricature de l'institution : la vie, l'humour sont toujours du côté des élèves. "On fait passer tous les profs, sauf François Marin, pour des c...", pointe Isabelle."

Le plus surprenant dans les réactions négatives, c'est qu'elle ne viennent pas en majorité du camp conservateur, énergiquement incarné par Alain Finkielkraut en tant d'occasions.

J'ai remarqué par exemple l'interview très vif de Philippe Meirieu, souvent présenté comme le chef de file des pédagogues, ceux précisément que dénonçait Jean-Paul Brighelli dans son pamphlet à succès La Fabrique du Crétin (Folio Documents), et qu'il accusait d'être de dangereux gauchistes responsables de l'effondrement de toutes les valeurs à l'école. Dans cette interview, Philippe Meirieu expliquait par exemple : "Les pratiques pédagogiques dans le film ne sont pas de gauche. On y voit un enseignement fondé sur l'affect, la complicité avec un petit nombre d'élèves. Une pédagogie de gauche donne la parole aux élèves et préconise de se mettre à leur portée et non à leur niveau, c'est là qu'il y a confusion dans le film."

Citons d'ailleurs un passage de l'article d'Alain Finkielkraut paru dans Le Monde, intitulé Palme d'Or pour une syntaxe défunte, et qui rejoint P. Meirieu sur l'essentiel (c'est le bonheur des polémiques que ces points d'accord entre deux hommes que tout semble opposer) :"On jugera le film de Laurent Cantet lors de sa sortie en salles. Peut-être sera-t-on intéressé, voire captivé par cette chronique d'une année scolaire dans une classe de quatrième à travers les tensions, les drames, les problèmes et les imprévus du cours de français. Mais s'il est vrai qu'après s'être vainement employé à corriger la syntaxe défaillante d'adolescentes qui se plaignaient d'avoir été "insultées de pétasses", l'enseignant finit par utiliser certaines tournures du langage des élèves, "plus efficace que le sien", alors on n'aura aucun motif de se réjouir. "

mercredi 1 octobre 2008

Le prof qui tuait les élèves (+ Clips de la semaine : Nneka)





(Clips de la semaine : Après un premier album remarqué en 2006, Victim of Truth, inégal mais séduisant mélange de Soul, Hip-Hop et Reggae (cf 1ère vidéo, l'excellent reggae Africans), voici Nneka de retour pour un second album, No Longer at Ease, bien meilleur et parfaitement ciselé pour envahir les ondes dans les mois qui viennent (elle remplit d'ailleurs aisément les salles parisiennes cet automne) (Cf seconde vidéo, l'hypnotique Heartbeat))

1) - Eh oh, vous là-bas, la brochette de trois ! Oui, là, les trois bavardes ! C'est vraiment une belle brochette de bavardes qu'on a là !
- Oh, Monsieur, ça se fait pas ! Vous parlez de brochette alors qu'on est en plein ramadan ! (Rires)

2) "Eh Monsieur, tout à l'heure, quand vous avez parlé de Maupassant, là, l'erreur de calcul qu'il a faite dans sa nouvelle, vous m'avez trop tuée ! Juré, quand vous avez dit "Il m'a déçu, Guy", ça m'a trop tuée ! Genre, vous êtes ami avec Maupassant ! "Il m'a déçu, Guy..." Trop tuée !"

3) L'année dernière, j'ai failli commettre une boulette de taille. Un élève avait pour nom de famille Islam, et ma langue a ripé quand j'ai fait l'appel : je l'ai appelé "Israël"... Terrible lapsus qui, par chance, n'a pas été entendu !

lundi 29 septembre 2008

Dans mon sillage, la catastrophe tranquille (Edouard Glissant à Tokyo)



Samedi, Libération consacrait son portrait de 4eme de couv au grand Edouard Glissant (par la taille, par l'oeuvre et par l'âge), réputé pour ses puissants livres de poésie-philosophie-roman, mêlant réflexions sur la "créolisation du monde", descriptions baroques de paysages à la Pablo Neruda ou à la Saint-John Perse, et références à des concepts comme celui de "rhizome" théorisé par Deleuze...

Inlassablement, et s'appuyant par exemple sur l'histoire des Caraïbes, il a fait l'éloge de ce qu'il appelle les "identités-relations" par rapport aux "identités-racines", s'opposant à la fois à une certaine idée de la France telle qu'elle peut avoir cours en ce moment, et à d'autres concepts pourtant moins contestés comme celui de la "Négritude" cher à Césaire.

L'article m'a replongé dans de lointains souvenirs... Effectivement, j'ai rencontré cet écrivain lorsque j'officiais à Tokyo, il y a plus de huit ans, en tant que CSN au Service Culturel de l'Ambassade de France. On me chargeait alors d'organiser pour quelques représentants de la littérature française des séries de conférence dans les universités japonaises. A l'époque je ne savais pas trop que faire de ma vie, et cela devait se ressentir dans mon comportement : d'une part je n'arrivais pas à m'acquitter de mon travail avec un minimum de sérieux, d'autre part il m'arrivait de me planter dans les rendez-vous, et d'organiser avec maladresse les rencontres entre universitaires et grandes figures de la culture.

Un autre grand écrivain, dont je ne citerai pas le nom, m'avait d'ailleurs sorti, de la manière la plus sèche qui soit : "Vous êtes sympathique, jeune homme, mais on ne sait vraiment pas sur quelle planète vous vivez !"

Edouard Glissant s'était montré beaucoup plus diplomate et chaleureux : il s'était contenté de me dire, après vingt-quatre heures que j'avais passées avec lui, sa femme et son fils, et d'un air détaché, très inspiré, que "Patricot, c'était la catastrophe tranquille..." Il avait l'air de trouver ça presque agréable, et d'ailleurs je garde un excellent souvenir de ces huits jours avec sa famille, et son très jeune fils dont j'avais l'impression de devenir l'ami. Tous les trois n'avaient sans doute pas été dupes de mes talents d'attaché culturel (du moins, d'assistant d'attaché culturel), mais ils avaient pris le parti d'en rire.

Quelques années plus tard, les choses ont bien changé. J'ai remis les pieds sur terre (du moins, me semble-t-il), je fonce dans une voie précisément identifiée, et j'arrive même à mener la barque, et avec plaisir, dans les eaux parfois turbulentes des classes du 93... Mais j'ai gardé le souvenir de cette belle expression, "catatrophe tranquille", en me demandant parfois si la terrible lucidité de l'écrivain ne déjouera pas toutes mes tentatives pour émerger de la débandade alors qu'était ma vie...

jeudi 25 septembre 2008

La Note Bleue de Bégaudeau (Entre les Murs)



Réaction à chaud après avoir vu Entre les Murs, le film de Laurent Cantet tout juste lauréat de la Palme d'Or à Cannes, adapté du roman de François Bégaudeau (qui joue d'ailleurs dans le film) :

Tout d'abord, évidemment, l'effet d'exotisme n'a pas joué pour moi : j'ai travaillé dans des collèges sensibles du 94 et j'enseigne maintenant à la Courneuve (93), aussi j'ai déjà fait face, à peu de choses prêt, à toutes les situations présentées dans le film. Je n'étais pas l'objet de cet étonnement, de cette surprise qui tenaient en haleine toute la salle, mais j'étais impatient de mesurer sur l'écran, scène après scène, les éventuelles différences avec ma propre perception du métier.

J'avais surtout peur qu'au simple compte-rendu des faits soit superposé tout un discours sur l'école, et qu'on veuille nous inculquer quelques principes bien sentis.

J'ai vite été soulagé : bien sûr, des points de méthode ou de comportement du professeur incarné par Bégaudeau diffèrent de ce que je peux moi-même mettre en oeuvre, mais dans l'ensemble je me suis retrouvé dans le point de vue donné sur la vie d'un professeur en collège. On a vraiment l'impression d'un journal en images, sans pathos, sans commentaire, sans même de musique, le tout serti dans une forme qui laisse place au doute, à la suspension du jugement. Parfois certains personnages (notamment parmi les profs) frisent le ridicule, mais ils n'y tombent jamais tout à fait.

En sortant de la salle j'ai pensé à la fameuse blue note, en jazz, cette note si juste qui fait la fierté des improvisateurs quand ils mettent le doigt dessus... Je me suis dit que Cantet et Bégaudeau avaient peut-être trouvé leur blue note - et celle de pas mal d'enseignants ou d'élèves...

J'ai même trouvé le film assez courageux, parce qu'il nous présente un prof en porte-à-faux, responsable de quelque dérapages qui suscitent des remous. On le voit souffrir, encaisser, louvoyer dans un univers semé d'embûches, et sans avoir toujours le beau rôle. C'est ce pari-là qui fait la valeur du film à mon goût, cette prise de risque.

Mais j'y reviendrai...

mardi 23 septembre 2008

Deux mille ans qu'on aime Sophie / La maladie d'écrire (+ clip de la semaine)



(Clip de la semaine : étonnante réussite que cette Ritournelle de Sébastien Tellier, chanson qui date déjà d'il y a quelques années, mais dont certains soupçonnent Radiohead de s'être inspirés pour un titre de leur dernier album...)



1) - Dans le mot "Philosophie", il y a la racine grecque "Philo", qui veut dire aimer... Vous savez, comme dans "Philatélie", le fait d'aimer les timbres... Alors "Philosophie", ça veut dire quoi ?
- Euh... C'est quelqu'un qui aime Sophie ?

2) - Monsieur, c'est trop long, écrire une page pour une lettre !
- Pas si long que ça ! Rappelez-vous ce que je vous disais sur la correspondance de Victor Hugo : des milliers de pages, pour toutes les lettres qu'il a écrites ! Ses lettres faisaient dix pages à chaque fois...
- Oui, mais bon, lui il avait la maladie d'écrire... Je l'ai pas, moi, la maladie d'écrire !

3) Entendu dans les couloirs :
"Ouah, t'as vu comment elle est jaune ! Elle est vraiment jaune, tu vois, comme ça, là, comme la table ! C'est vraiment un Simpson la fille !"

samedi 20 septembre 2008

Les vies qui perdent sens



L'autre jour, pour la première fois de ma vie, j'ai été réellement bouleversé par un SDF (quelqu'un qui en avait l'allure, en tout cas) : non pas que je ne sois jamais touché par le spectacle de la misère, mais cette fois-ci j'ai eu le sentiment que le type en question, d'une trentaine d'années, replet, l'air complètement ahuri à la station de tram de La Courneuve, rougi par l'alcool, pataud dans son survêtement, les cheveux ébouriffés, patientant là comme s'il attendait que quelqu'un descende du prochain wagon, pouvait encore être sauvé.

On aurait dit qu'il était sur le point de basculer corps et âme dans le désespoir, ou que, déjà désespéré depuis des lustres, il s'apprêtait à lâcher complètement prise. On lisait vraiment la détresse dans son regard, dans ses poses maladroites, quand beaucoup d'autres sont déjà murés dans une attitude distante, ou plus endurcie.

J'ai failli sortir du tram pour aller lui parler, quitte à ne pas aller travailler. C'est la pudeur, et la peur du ridicule, qui m'en ont retenu. Et puis, qu'allais-je lui dire exactement ? Attendait-il vraiment de pouvoir parler à quelqu'un ?

Le rapport est lointain, mais cela m'a rappelé le livre d'Alexandre Soljenitsyne que j'avais lu cet été, juste après sa mort, le petit roman qui a fait sa gloire, Une journée d'Ivan Denissovitch (Pocket), décrivant la journée type d'un homme qui vit depuis des mois dans le goulag : misère absolue de ces fantômes ambulants qui ne comprennent pas forcément ce qu'ils font ici, se préparent à mourir ou survivre sans but pendant des années. Ce qui fait la force de ce livre fait d'ailleurs aussi sa faiblesse : l'absence de structure dramatique, le côté brut du compte-rendu peuvent être assez saisissants, mais le risque est de rendre l'ensemble assez statique, et même ennuyeux...

"Dans son dossier, Choukhov est au camp pour trahison de la Patrie. Il a fait tous les aveux qu'il fallait : il s'est rendu aux Allemands parce qu'il avait envie de trahir l'Union Soviétique, et s'il s'est, soi-disant, évadé parce qu'il avait reçu une mission des services de renseignements de l'ennemi. Quelle mission ? Choukhov n'était pas assez futé pour en trouver une. Ni non plus l'officier du contre-espionnage. Alors c'était resté comme ça : "Une mission."" (Pocket, p87)