La littérature sous caféine


dimanche 28 décembre 2025

Soirée géométrie, dîner potache 7 (3/3)

Mieux que des anecdotes sur son nom, Pierre nous a raconté l'origine romanesque de la première occurence de son patronyme. Ne pouvant rivaliser avec autant de densité narrative j'y suis allé de mes propres formes, esquissées sur des feuilles que je livrais en pâture à l'assistance au gré des sauts et gambades de la conversation - ma vie triangulaire, le schéma de l'orobouros, des triangles et carrés chargés de symboles, le dessin des tablées du Cercle, autant d'occasions de réaliser l'étrange proximité entre géométrie et numérologie. Profitant de mes considérations sur l'importance de la spirale, Nicolas s'est fendu d'un test révélateur auquel nous nous sommes soumis de bonne grâce. Frederika nous a dessiné l'étrange symbole de la Sicile, j'y ai répondu par la pierre philosophale. Pour une fois j'ai placé l'essentiel de mes références, sauf peut-être un dessin des formes circulaires repérées chez Jules Verne. Mais qu'aurait fait Jules Verne parmi nous ? Il s'agissait plutôt d'évoquer Rabelais, comme j'en ai pris l'habitude, et j'ai clos le dîner sous l'insistance de Maï-Do par la lecture de la conclusion corsée, célébrant la vie festive et charnue, du prologue de Gargantua - je n'avais pas Jarry sous la main, mais Jarry vouait un culte au célèbre médecin de Chinon. A cette occasion j'ai manqué de m'étouffer, ce qui a quelque peu brouillé mon hommage. Heureusement nous avons bu du Chinon, précisément, l'occasion en ayant été manquée au quatrième dîner qui s'était finalement tenu au Sancerre. J'avais pourtant été ravi de dégotter un établissement dont le nom rappelait la naissance du maître. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas oublié de prononcer la sentence : "Le potache est chervi !" Seulement, elle m'est revenue à la toute fin de l'événement - après tout, pourquoi pas.

lundi 22 décembre 2025

Soirée géométrie, dîner potache 7 (2/3)

Après présentation des convives, j'ai précisé que le thème de la géométrie pouvait surprendre mais qu'il n'était pas incompatible avec le potache, bien au contraire. Jarry se laissait aller à des rêveries scientifiques, il a même clos son "Faustroll" par un calcul de la surface de Dieu. S'en est alors suivi un feu nourri de références, surtout sur ma gauche, comme le Cercle en a rarement connu, sur le thème des bisbilles entre science et littérature : Spengler, Stein, Spielrein, Gombrowicz... J'ai beaucoup agité ma cloche (au risque d'importuner les clients parfois âgés de la Rotonde) pour rabattre mes ouailles vers le thème, tant les vents de la littérature et de la vie éditoriale ont pu disperser le propos. Pire, la politique s'est trop souvent invitée parmi nous (peut-être parce que nous occupions, nous a révélé Guilaine, la table préférée d'Eric Zemmour !). Il faudra que je songe à rajouter un article dans la charte pour l'interdire, à moins de prévoir une séance qui lui soit consacrée. En tout cas ma cloche a fait son office et nous avons finalement plutôt bien tenu le thème. Selon moi, la conversation géométrique a même atteint la jolie moyenne de 40%, estimation que certains jugeront bien sûr outrageusement exagérée.

Soirée géométrie, dîner potache 7 (1/3)



Pour la première fois depuis la création du Cercle, en novembre 2024, j'ai accueilli des personnes que je n'avais connues que depuis cette date - les précédentes fois, il m'arrivait de présenter des amis de vingt ou trente ans. Parmi celles-ci, pas moins de quatre convives dont j'ai précisément fait la rencontre lors d'une soirée potache. Maï-Do est ainsi venue pour la seconde fois (elle avait débuté l'aventure avec le dîner de l'escargot), et je ne l'ai jamais vue par ailleurs. A ce titre elle a eu droit à une exceptionnelle exception à la règle des six convives fixée pour des raisons de rituel et d'intérêt pratique (à six, on peut espérer tout capter des conversations). Nous avons donc été 7, ce qui tombait bien : nous étions le 7 décembre, pour un 7ème dîner, et pour une soirée où je comptais mettre le 7 à l'honneur puisque sa force symbolique est indéniable et qu'il permet de conjuguer, géométriquement parlant, à la fois le triangle et le carré. Quant à Guilaine, elle a décroché le record des présences (quatre), ce qui lui a donné droit à un autocollant tout spécialement conçu par Jean-Fi de Belgique à l'occasion de la soirée Belle Hortense, soirée dont j'ai mystérieusement perdu les notes qu'elles m'avaient inspirées, notes que je consigne dans le coffret du potache. Faudra-t-il donc que certaines soirées deviennent fantômes, à la façon de ces personnes absentes mais significatives que j'ai pris l'habitude de nommer en début de dîner ?

samedi 20 décembre 2025

Ronds

Depuis trois jours, pensant à la soirée géométrie du Cercle potache, j'ai tendance à voir des carrés, des triangles, des ronds partout... D'où mon plaisir et ma surprise à découvrir l'étonnant reliquaire de Notre-Dame contenant la couronne d'épines, qui s'est bientôt soulevée pour déambuler dans la cathédrale comme chaque premier vendredi du mois. Les formes géométriques ne sont pas mortes ! Un futur convive me confiait qu'il n'aimait pas les cercles, symboles d'éternel retour, parce qu'il fuit sa jeunesse comme la peste. J'y vois plutôt l'éternité... Nous en reparlerons demain !

mardi 16 décembre 2025

Pierre à feu

Il n'y aura pas d'invité fantôme à la soirée géométrie (l'exercice se prêtait davantage au Père-Lachaise ou aux histoires de famille) mais un invité d'honneur, un invité qui s'imposait puisque son nom pourrait avoir inspiré le principe même de cette soirée : Pierre Poligone. Comment ne pas s'en réjouir ? Nous célébrerons la magie des mots, la magie des hasards, la magie des formes, et la verve de Pierre fera des étincelles - Pierre à feu !

Goths

Sublime exposition "Gothiques" au Louvre-Lens. Je fonds en amour pour les gargouilles, les perspectives monumentales, le romantisme noir, à l'heure où je deviens à la fois obsédé par la mystique et par le romanesque des légendes de toutes sortes, qu'elles nous viennent du monde grec ou des brumes du nord (ici, cet homme souriant n'est rien moins qu'un tentateur diabolique). La lecture de Jung n'est pas pour rien dans mon éveil à cette richesse des "images élémentaires", dont je compte d'ailleurs m'inspirer pour animer la soirée potache "géométrie" de dimanche. A priori, il n'existe aucun point commun entre le gothique et les triangles, les carrés, et pourtant...

lundi 15 décembre 2025

Soirée géométrie

soirée géométrie
Événement potache 7

A vos crayons !
Venez mettre vos vies
En courbes et formules

Dimanche 7 décembre, de 20h à 22h
Restaurant La Rotonde

mardi 7 octobre 2025

Un goûter au cimetière (3/3)

J'avais griffonné de mémoire et à la va-vite un portrait schématique de mon père. Puisque je n'étais jamais parvenu à retenir la date de sa disparition, j'estimais qu'il était finalement resté à l'état de fantôme. Ce goûter servirait-il d'exorcisme ? Peut-être allais-je enfin voir la date s'inscrire en moi. D'autant qu'un autre fantôme existait depuis toutes ces années sans que j'en sache rien, un fantôme dont il m'est arrivé de parler aux précédentes réunions et qui a récemment pris corps parmi nous. J'ai déposé le portrait sur une tombe anonyme (la mousse en rongeait le nom) marquée d'un simple "A notre père". J'aimais cette conjonction des imaginaires. Le goûter achevé, j'ai remballé mes petits visages en carton. Des corps disparaissent, d'autres apparaissent. La valse des mots, la valse des noms, la valse des actes font une jolie sarabande.