La littérature sous caféine


lundi 22 janvier 2018

Les multiplicateurs de bibliothèque

Le problème avec les essais très stimulants, c’est qu’ils vous font commander une bonne demi-douzaine de livres pour peu que leur système de notes et de bibliographie soit conséquent. Ainsi, depuis que j’ai lu « Logique de la Science-fiction » (Jean-Clet Martin), mon rayon de romans de science-fiction a quasiment doublé… Les prochaines semaines, je vais devoir lire toute une série de livres très mauvais pour éclaircir un peu ma bibliothèque.

vendredi 5 janvier 2018

Rebatet, pire que Céline ?

Difficile de ne pas jeter un œil aux pamphlets de Céline à l’heure où la polémique bat son plein : Gallimard doit-il publier ces textes violemment antisémites, même accompagnés d’un appareil critique conséquent ? Ce qui me frappe à la (re)lecture, c’est le fait que l’auteur atteigne ici à la fois le comble de l’ignoble et le comble du style. La haine lui réussit. Dans ces sortes de délires, il multiplie les figures comme jamais il ne l’a fait et cela donne une masse certes indigeste mais truffée de trouvailles et d’effets sonores. La forme n’excuse bien sûr pas le fond, mais on en vient à regretter que Céline n’ait pas réservé son sens inouï de la formule à d’autres sujets.

A propos d’antisémitisme, je trouve d’ailleurs la logorrhée célinienne moins effrayante que celle de Rebatet. Cette dernière est plus maîtrisée, plus réfléchie. Les Décombres (1942) font froid dans le dos : on sent toute l’épaisseur du projet, son côté assumé, soutenu par un style étincelant. Avec Céline, on a plutôt l’impression d’entrer dans la tête d’un vieux fou.