La littérature sous caféine


mercredi 30 septembre 2015

Eva Ionesco, noirceur

Si je tarde à lire "Eva" de Simon Liberati (Août 2015), et alors même que cette même Eva (Ionesco) se trouve en couverture de "Suicide Girls" (2010), c'est que j'hésite à déflorer le mystère de cette photo somptueuse qui nous semblait, à mon éditeur et à moi, correspondre idéalement à mon histoire de jeunes filles perdues dans leur propre noirceur. Eva chercherait d'ailleurs un peu plus tard à faire retirer cette couverture, sans succès cependant puisque c'est sa mère, auteur de la photo, qui en détenait encore les droits.

samedi 5 octobre 2013

"Impression de lire un journal intime..."

Une lettre de lectrice :

"Bonjour M. Patricot,

Nous nous sommes rencontrés lors du salon du livre à l'île de Ré, j'ai acheté votre livre Suicide girls et vous avais promis de vous donner mon avis sur ce roman!

J'ai d'abord été surprise par le style parce que j'ai l'habitude de lire de la littérature classique. Finalement j'ai eu l'impression de lire un journal intime, et d'être à la meilleure place pour comprendre les préoccupations du narrateur.

Le suicide, la dépression et la "folie" sont des sujets qui m'ont toujours interrogée.

J'ai pu agréablement me retrouver dans le personnage principal, fasciné par ses "suicide girls", ("suicide boys" pour moi!) Il recherche à comprendre comment fonctionne ces filles, ce qu'elles ressentent.

Comment interpréter le personnage de Laurence? ne représente t-elle pas les gens "normaux" qui nous entourent? Elle vie avec le personnage principal, elle est censée le connaitre mais finalement elle est incapable de comprendre l'homme avec lequel elle vie. Un gouffre se crée entre elle et lui, le "faible". Et pourtant on l'excuse!

À propos du personnage de Manon, je pense que vous retranscrivez de manière juste la situation de malêtre que tout adolescent ou adolescente peut rencontrer au collège. Le regard des autres, la peur d'être différent. Avec son passé on comprend le besoin de chasteté qu'elle éprouve lorsqu'elle est avec son "ange noir".

J'avoue avoir été un peu perplexe par la fin du livre, les deux personnages se séparent, semblent chacun aller vers une vie plus lumineuse. Ils sortent des ténèbres mais je n'ai pas bien compris ce qui leur a permis de sortir de l'obscurité, de lui dire adieu et d'aller sereinement vers une vie apaisée. Est ce le fait de savoir que quelqu'un les comprend? Pour le personnage principal de s'être accepté tel qu'il est? d'avoir donné une explication à l'hypothèse du suicide de son père?

En définitive, j'ai apprécié votre livre, il m'a permis d'aborder la question du suicide d'une autre façon. Il me semble que vous vous attachez plus à l'expérience, au passé de la personne tandis que j'avais l'habitude de l'aborder d'un point de vue plus existentialiste, plus théorique par rapport au sens de la vie.
"

lundi 15 novembre 2010

Retour sur une couverture

Lorsque nous avons choisi cette photo d’Irina Ionesco pour la couverture de Suicide Girls, mes éditeurs et moi, j’étais convaincu de sa beauté, mais aussi de sa parfaite correspondance avec la teneur du texte. Relations sulfureuses, obsessions noires, romantisme érotique… Tout y était, et j’interprétais la beauté plastique de la photo comme une transcription graphique de la teneur toute classique du roman.

Je me doutais que l’effet sur le lecteur puisse être saisissant. Mais cela ne pouvait occulter, à mes yeux, la classe et le mystère de l’image. Je crois bien m’être trompé. Maintenant que le succès, disons, mitigé, du roman semble confirmé, je me rends compte qu’il y a de grandes chances que la couverture ait joué contre lui.

Qu’on en juge par deux anecdotes : tout d’abord, des amis de province m’ont confirmé le fait que certains libraires avaient rangé le livre au rayon « érotisme », loin des tables de nouveautés… Ensuite, quelle n’a pas été ma surprise de constater que Dailymotion avait classé « Contenu explicite » une vidéo contenant un entretien audio, tout ce qu’il y a de sérieux, sur laquelle j’avais affiché la fameuse couverture. Ce classement supposait que les mineurs ne pouvaient plus avoir accès à la vidéo, et qu’elle n’était plus référencée sur le site. Rien de bien grave, au demeurant, si ce n’est que l’incident révélait les crispations que l’image provoquait. On lui reprochait moins, me semble-t-il, son atmosphère sombre que la sexualité trouble qu’elle mettait en scène. L’accusait-on, même, de lorgner vers la pédophilie ?

Je me souviens maintenant de la couverture d’un livre célèbre d’Anaïs Nin, Venus Erotica, dont la version poche exhibe le même genre de photo, pour le coup ouvertement érotique – une très jeune femme à la poitrine dénudée, dans une atmosphère embrumée. Je pensais que ce genre de couverture pouvait susciter l’intérêt. J’ai sans doute très nettement sous-évalué la méfiance, voire la répugnance que cela pouvait inspirer. Les libraires chercheraient-ils à promouvoir essentiellement des livres optimistes, des livres joyeux ? Le parfum de scandale n’est-il supportable qu’avec des auteurs dont le succès est déjà confirmé ?

Je discute avec des gens qui ont lu Suicide Girls, et certains me confirment qu’ils ont été heurtés par la couverture, qu’ils trouvaient violente. « Le titre est brutal, déjà… Cela fait surenchère. Et puis le contenu n’est pas aussi trash. Le thème est dur, mais l’écriture plutôt douce et pudique. La couverture rebute, finalement, alors que le texte a de quoi séduire. »

Bien sûr, je ne suis pas dupe de ces interprétations après coup. Le livre aurait davantage rencontré de succès, on aurait loué sa couverture. Et je ne regrette pas un choix que j’estime toujours être le bon. Je me rends simplement compte, de manière un peu plus aigüe qu’auparavant, que le souffre n’a pas très bonne presse – ou que son public reste, dans la plupart des cas, confidentiel.

jeudi 4 novembre 2010

Lecture d'extraits avec "L'échappée Belle"

Sympathique moment passé avec deux étudiants de Radio Sciences-Po (RSP pour les intimes), au cours de la toute première émission littéraire "L'échappée belle". Nous y avons notamment lu de larges extraits de "Suicide Girls"...

Lien ICI.

jeudi 28 octobre 2010

Entretien avec Bénédicte Heim


Entretien avec Aymeric Patricot, "Suicide Girls" (1/4)
envoyé par monsieurping2. - Films courts et animations.


Entretien avec Aymeric Patricot, "Suicide Girls" (2/4)
envoyé par monsieurping2. - Découvrez plus de vidéos créatives.


Entretien avec Aymeric Patricot, "Suicide Girls" (3/4)
envoyé par monsieurping2. - Découvrez plus de vidéos créatives.


Entretien avec Aymeric Patricot, "Suicide Girls" (4/4)
envoyé par monsieurping2. - Futurs lauréats du Sundance.

jeudi 21 octobre 2010

Interview par Pierre-Louis Basse sur Europe 1 (4/10/2010)


Aymeric Patricot sur Europe 1, "Suicide Girls" (4/10/2010)
envoyé par monsieurping2. - Futurs lauréats du Sundance.

dimanche 26 septembre 2010

"La phrase est sobre, limpide..." (Bénédicte Heim et les Suicide Girls)

Critique de "Suicide Girls" sur le site Livres-addict, écrit par Bénédicte Heim, à lire ICI, suivi d'un lien vers une heure d'entretien radiophonique, à propos du même roman, dans les locaux des éditions Les Contrebandiers (lien à la fin de l'article).

vendredi 17 septembre 2010

La grande pureté des âmes

Lecture sensible de Suicide Girls par Savina de Jamblinne.

"Un roman. Deux voix. Le narrateur et Manon. L’un est professeur, trentenaire, suspectant son père de s’être suicidé, l’autre, une jeune femme violée, traumatisée par la vie.

Tout les oppose aussi : il est issu d’une famille intellectuelle et bourgeoise, elle provient des bas-fonds, racle le sol de café en café. Pourtant, au travers de ces dialogues parallèles, le lecteur percevra rapidement qu’une chose les réunit. Ce qui a de plus élémentaire, d’essentiel, de fondamental dans la vie : l’authenticité.

Dans le récit, la mort rôde autour du narrateur, caresse sa peau en entourant ses chevilles, remonte le long de ses cuisses par touches successives, presse son sexe, le contourne ensuite, pour continuer son avancée, plus haut, plus loin encore, là où elle peut s’affaler sur son buste, plonger dans son cou, avant de percer son cœur et pénétrer ses lèvres entrouvertes pour dévorer son âme.

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