lundi 17 août 2026
Par admin,
lundi 17 août 2026 à 15:07 :: Cinéma/Musique/théâtre
J'ai beaucoup aimé l'ensemble du festival "Barjac m'enchante", goûtant notamment cette force d'incarnation que l'on ne retrouve pas toujours en disque. C'est au Québec que j'ai attrapé le virus des chansonniers, puis au Lapin agile à Paris (la chose se fait rare, en France). Je ne me permettrai qu'une seule remarque, amusée. Je ne m'attendais pas à ce que festival de la "chanson de caractère" soit en fait un festival de la chanson engagée. Il y a quelque chose de cocasse à voir de jeunes chanteurs brandir le poing, célébrer la diversité et appeler à faire la révolution devant des parterres de têtes exclusivement blanches (par la peau, par les cheveux). Je me perds un peu dans la variété des commentaires que cela pourrait inspirer... 🙂
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mercredi 5 août 2026
Par admin,
mercredi 5 août 2026 à 17:23 :: Cinéma/Musique/théâtre
Frustré par le manque de féérie dans l'Odyssée de Nolan, je me tourne vers la version de Camerini avec Kirk Douglas (1954). Là non plus les dieux n'apparaissent pas (serait-ce décidément la peur du kitsch ?). Cependant, le choix des épisodes est parlant : Camerini met de côté quelques épisodes terrifiants (Charybde, les vaches du soleil...) et insiste sur Nausicaa (l'épisode de charme), fusionnant même Circé et Calypso pour donner à la première un supplément de séduction. Il nous présente donc un héros qui, revenu de la sauvagerie, préfère l'amour à la guerre ; L'Ulysse de Nolan, lui, paraît bloqué dans cette même guerre. Ce qui peut surprendre, quand on compare les années de réalisation.
Quoi qu'il en soit l'Odyssée de 1953 a vieilli mais propose un spectacle charmant en dépit de maladresses. Nolan se serait-il amusé à en prendre le contre-pied ? Il me reste à voir notamment la série européenne de 1968, considérée comme la plus fidèle et pourtant quelque peu tombée dans l'oubli...
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mardi 4 août 2026
Par admin,
mardi 4 août 2026 à 18:06 :: Cinéma/Musique/théâtre
Nolan aura donc livré une excellente version de l'Odyssée (grande réussite des scènes horrifiques ou guerrières, pistes séduisantes d'interprétation comme cette idée qu'Ulysse est avant tout traumatisé), avec un bémol cependant : non pas les concessions trop appuyées à l'époque, ni la bande-son relevant davantage du sound design, mais une curieuse façon d'effacer tout le féerique de l'épopée. Comme dans "Troie", les dieux disparaissent - Zeus, Poséidon, Hermès. Même Athéna n'existe que dans l'esprit d'Ulysse. Seuls les monstres et les morts crèvent l'écran. Toute merveille et toute beauté semblent avoir disparu, y compris sur les visages d'acteurs qui ne sont pas filmés à leur avantage. Calypso n'est plus qu'une femme éteinte sur une plage stérile. Évacuée , Nausicaa. Circé n'est qu'une vieille folle dénuée de sensualité. Les sirènes sont sensuelles, elles, mais on les voit de si loin qu'elles se confondent avec la roche. Quant au lit des retrouvailles torrides d'Ulysse et Pénélope, lui aussi passe à la trappe. Rétrospectivement, le cinéma de Nolan que j'admire beaucoup me paraît marqué par un certain refus du plaisir, qui se voit à l'écran par des univers toujours un peu gris. On se croirait presque chez Pasolini. Vaste réflexion sur le thème de la dépression ? Le film restera, et j'en suis ravi, mais il aura le mérite aussi de ne pas effacer de précédentes versions plus contrastées ni d'en interdire de futures.
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vendredi 3 juillet 2026
Par admin,
vendredi 3 juillet 2026 à 15:21 :: Cinéma/Musique/théâtre
Depuis quinze ans je répète aux étudiants qu'Hollywood ferait bien de s'atteler à une nouvelle version de l'Odyssée. L'heure a sonné ! Et c'est peu dire que la tension est grande... Le film incarnera la référence pendant vingt ans, peut-être davantage. On ne pouvait espérer mieux que Nolan aux manettes mais l'attente est d'autant plus fébrile. Ses deux derniers films m'avaient paru ternes, je m'inquiète. Je me présenterai à la première séance, j'absorberai chaque image, chaque mot, chaque note comme si ma vie en dépendait. En attendant je vais relire le texte, dans la superbe édition illustrée par Aurélien Police aux éditions Callidor. Un chant par jour jusqu'à la date fatidique, c'est un beau programme. Le quinze juillet je serai tendu comme l'arc vengeur du chant final.
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dimanche 21 juin 2026
Par admin,
dimanche 21 juin 2026 à 14:57 :: Cinéma/Musique/théâtre
Comment ne pas aimer un tel lieu ? Le théâtre "L'anomalie" fait moins penser au roman de Le Tellier qu'à tous ces détails qui font dérailler la réalité pour en exprimer le meilleur. Après avoir siroté le cocktail "Suze-moi" (Suze-concombre-tonic) dans un décor haut de plafond croulant sous les peintures j'ai plongé dans le bain terrifiant de la pièce "L'heure noire" où les cris, les chutes, les trébuchements, les martyrs d'un couple sont exhibés sans ménagement. Les affres de la création servent de prétexte à de savantes récitations de Lautréamont, Garcia Lorca, Barthes - excusez du peu. Le grand souffle de la peste dont parlait Artaud a saisi l'assistance, qui n'en a pas moins quitté la pièce sourire aux lèvres.
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lundi 11 mai 2026
Par admin,
lundi 11 mai 2026 à 15:27 :: Cinéma/Musique/théâtre
Il y a dix ans mourrait Prince. Quand j'ai appris la nouvelle j'étais dans une ville de province et je me suis rendu dans le seul bar susceptible de passer de la bonne musique. Là , sur le zinc, je l'ai pleuré comme un vieux frère. Il avait accompagné mon jeune âge avec sa créativité si riche, à même d'épouser toutes les aspirations. Je l'ai aimé jusque dans ses œuvres les plus improbables. Depuis, personne ne l'a vraiment remplacé. J'ai fait mon deuil de l'artiste autant que de ma jeunesse, et je regarde apaisé les nouveaux chemins qu'il me reste à pratiquer. Je suis heureux en tout cas de voir fleurir les hommages.
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mardi 17 février 2026
Par admin,
mardi 17 février 2026 à 16:10 :: Cinéma/Musique/théâtre
"Les sentinelles" (série Canal plus, 2025, adaptée de Xavier Dorison) n'a sans doute pas été assez célébrée. Réussite totale en termes d'intensité visuelle et de scénario (avec d'ahurissants clins d'oeil à d'autres univers), elle a le mérite de proposer de nouveaux héros dans un pays, la France, qui ne parvient guère qu'à faire revivre des gloires centenaires (Monte-Cristo, Lupin...). Pourquoi cette frilosité ? D'autant que cette série a l'intelligence de faire fond sur un contexte historique puissant, la Première guerre mondiale, et d'y insuffler tout ce qu'il faut de rage, de douleur, de fantasmes. Aujourd'hui nous sommes redevenus très forts dans le film d'horreur (The substance (Coralie Fargeat, 2024)), la comédie, la comédie sentimentale. A quand un retour assumé de l'aventure et du fantastique ?
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mardi 13 janvier 2026
Par admin,
mardi 13 janvier 2026 à 15:46 :: Cinéma/Musique/théâtre
Le ciné-club que j'anime en prépa ressemble à un cimetière d'éléphants. J'y rends hommage à des acteurs et réalisateurs disparus ou à d'autres qui achèvent leur carrière. Souvent, je sous-estime l'évanouissement d'anciennes gloires dans la mémoire collective. Pire, je mesure mal le mauvais effet que certaines mises en scène, certains scénarios font désormais sur le spectateur. Brigitte Bardot fait partie de cette galerie de fantômes. J'avais cru, voilà cinq ans, ranimer chez les étudiants un certain goût du charme et de la liberté. "Et Dieu créa la femme" a suscité le malaise : les simagrées de l'actrice, la gifle qu'elle reçoit de Trintignant n'ont pas plu... Quant à sa beauté, je ne crois pas qu'elle ait inspiré beaucoup d'émoi. O tempora...
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