Pirates
Par admin, vendredi 2 octobre 2026 à 16:54 :: Littérature française :: #1499 :: rss

Avec "Ma mère est une pirate" (Éditions Edwarda, 2026), Bénédicte Heim signe son livre le plus libre et le plus précis - le plus libre parce que le dialogue avec sa flamboyante éditrice sert de prétexte à des portraits, des scènes vécues, des digressions qui font feu de tous bois ; le plus précis parce qu'elle poursuit le travail d'amincissement et de sobriété déjà engagé dans le texte précédent. Cela donne des pages redoutables de style et de lucidité, ciselées, sonores, justes en définitive, ce qui est d'ailleurs l'une de ses ambitions.
Le précédent volume relevait encore du roman, même si fortement inspiré de son enfance - Bénédicte se projetait dans la tête d'un garçon malmené. Ici, le texte se fait journal intime et récit, un peu comme si l'éditrice à qui s'adressent les chapitres endossait le rôle d'accoucheuse et de psychanalyste.
Le portrait de la mère encadre l'ensemble. Il ouvre en donnant magistralement le ton. Pour conclure, il propose une jolie leçon de réconciliation. Au milieu, les portraits se multiplient, bienveillants et fascinés. On dirait que la narratrice s'ouvre à la beauté du monde à mesure qu'elle comprend mieux sa mère. De nombreux récits s'inspirent par ailleurs de son expérience d'intervenante dans ce lieu surprenant qu'est L'Adamant, qui avait déjà inspiré le film de Nicolas Philibert. En somme, tous les curseurs de l'humanité sont poussés à leur maximum et cela donne cette prose incandescente, dont on attend la suite.











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