La littérature sous caféine


Colette pour happy few

J'ai découvert Colette à une époque où on la lisait moins. Son œuvre paraissait vieillie. D'autres icônes féminines avaient pris sa place, avec des écritures plus franches, moins exigeantes. Ses belles éditions de poches ternissaient dans les bibliothèques et elle avait disparu des programmes. Je me faisais l'impression d'être snob à aimer et à conseiller ses livres denses comme de la poésie. Puis elle est revenue à la mode. Son personnage de femme libre et provocante a semblé moderne - on lui pardonne ses piques contre le féminisme. Elle est devenue lecture obligatoire en lycée. J'étais presque déçu de ne plus appartenir au club très fermé des fidèles par-delà les âges. Seulement, si j'en crois les retours de lecture d'étudiants, la pauvre Colette n'a pas l'heur de beaucoup plaire... On la trouve ennuyeuse, difficile à lire. Bientôt une nouvelle éclipse de son prestige ? Grâce à quoi je redeviendrais l'un des happy few...

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