La littérature sous caféine


Réconfort

Sollers était fier de publier un livre sur les fleurs, genre qu'il considérait à contre-courant. Je ne sais pas si Houellebecq cherche à braver les temps modernes, lui aussi, mais force est de constater que son "Combat toujours perdant" (Flammarion, 2026) ne brosse pas le lecteur dans le sens du poil - et il ne s'agira pas ici de digressions botaniques. Ce maigre recueil offre une première partie crépusculaire où des pays s'engloutissent par leur propre faute et sous l'effet de forces extérieures. Dans les deuxième et troisième parties l'humour affleure, dans un ensemble dominé par l'obsession de la mort et de la disparition de toute chose. C'est au-delà du désespoir : le constat se veut clinique et débarrassé de toute illusion. Le tout serait sordide s'il ne se concluait par un bref espoir du côté du catholicisme (l'auteur nous gratifie d'une page d'analyse), avant un final presque apaisé, flirtant avec la mystique (non sans tonalité lovecraftienne, sinon ce ne serait pas drôle) :
"Mes paroles se changent en hurlements immondes.
Et c'est ainsi que je me sépare du monde."

J'ai toujours dit que la littérature sombre avait quelque chose de réconfortant. Ce recueil nous réconforte beaucoup, beaucoup !

COMMENTAIRES

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Les commentaires pour ce billet sont fermés.