La littérature sous caféine


Vortex

Le milieu de l'art inspire le roman. Dans "Carnes", l'héroïne d'Esther Teillard quittait Marseille pour une infernale école d'art parisienne. Dans "J'ai perdu mon roman" (Seuil, 2022), Laura Tinard dresse le portrait d'une jeune artiste qui se laisse engloutir par un roman participatif en ligne... Qui écrit ? Qui lit ? Qui existe vraiment, y compris parmi ceux des personnages qui sont persuadés de mener l'action ? Le sujet central de tout roman est le corps, répétait Sollers. K. Dick, Lynch, Calvino répondraient qu'on a tout de même bien du mal à le saisir. Laura Tinard ne met-elle pas en scène des peintres pour se rassurer sur la matérialité de ce qui nous constitue ? "J'ai perdu mon roman" pourrait s'écrire : "J'ai perdu mon âme et mon corps dans le vortex de la littérature".

Ici Laura Tinard lisant un extrait de son prochain roman, publié par Bernard Comment au Seuil, aux côtés d'Alain Veinstein à la galerie Eric Dupont.


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