La littérature sous caféine


vendredi 8 mai 2026

Géants



Chengdu, Chongqing, 5ème étonnement : le gigantisme. La Chine a dépassé la France par la technique, le Japon par le délire consumériste. Elle dépasse maintenant les Etats-Unis par la folie des grandeurs. On pourrait trouver ça puéril, digne d'une sorte de pulsion trumpienne. Mais il faut sans doute y voir l'irrésistible poussée d'un peuple considérable par le nombre, même s'il se contracte, et durement mis au travail. Une fois bien comprises les règles de la production capitaliste, le Parti peut agiter sa férule pour réaliser à peu près tout ce qui lui passe par la tête. Certes ce n'est pas toujours très beau mais nous changeons de dimension. Comment comparer Chongqing et Paris ? Ce n'est plus possible. Paris garde tout son charme, bien sûr. Mais, pour le dire poliment, elle a l'air désormais d'une toute petite chose.

Piété



Chengdu, 4ème étonnement : la piété populaire, palpable dans les temples et les palais. On s'y agenouille devant les Bouddhas. On y admire les immortels du Tao. On y achète des talismans, on y dépose des prières. Les poètes classiques sont célébrés avec la même componction. Ce sont des pratiques douces et joyeuses. S'agit-il vraiment de croire ? Un chauffeur de taxi m'expliquait que le Tao l'aidait à trouver l'apaisement. Je ne sais pas dans quelle mesure le communisme s'est appliqué à combattre les religions, mais une chose est sûre, les rites persistent. Que s'est-il donc passé de si terrible en France pour que les spiritualités soient toujours considérées avec méfiance ?