La littérature sous caféine


vendredi 1 mai 2026

La comédie d'enterrement

C'est un genre en soi, la comédie d'enterrement - on en a des souvenirs émus chez Woody Allen, chez les frères Coen. Elle est même promise à un bel avenir puisque la société vieillit. Le pathos appelle son contrepoint. Le rire surgit d'autant mieux qu'il est interdit. Olivier Maillart a bien compris le principe : dans un Cotentin peu habitué aux atmosphères d'Apocalypse, il raconte l'échappée d'une bande de professeurs qui volent une urne funéraire ("Fermez vos gueules, les mouettes !", Héliopoles 2025). La virée devient picaresque. Contre toute attente, l'arrière-pays se révèle assailli par les névroses du moment, qu'on croyait cantonnées aux grandes villes. L'époque est folle, heureusement que le roman nous aide à en prendre le contre-pied !

L'amour fou



L'artiste Mascarade m'explique qu'il s'est amusé à écrire "L'amour fou" sur son tableau parce que le couple dont il s'inspire, le fameux American gothic de Grant Wood, n'a pas l'air de se réjouir. J'ai préféré y voir un clin d'oeil au livre d'André Breton. Non seulement j'ai récemment donné ce nom à un hôtel dans l'un de mes romans, mais je me plais, depuis qu'en voyage au Québec je suis tombé sur un tableau de Niki de Saint Phalle, l'Arcane 17 de son Jardin du Tarot, qui avait compensé mon regret d'avoir manqué la Gaspésie ayant inspiré l'Arcane 17 de Breton, à guetter les signes de la présence inopinée du mage surréaliste. (Cette manie m'est aussi venue parce que j'ai placé le Cercle potache sous le signe, entre autres, du Surréalisme). Rien que pour cette coïncidence, à la fois drôle et heureuse, j'ai éprouvé pour l'œuvre de Mascarade un attachement singulier, d'autant qu'elle s'applique à sublimer la ville de mon enfance, ce Havre moderne si mal aimé des poètes.