La littérature sous caféine


Erotisme et mystique

J'ai toujours eu l'intuition que l'érotisme n'était pas étranger à la mystique. J'avais émaillé "La Viveuse" de ce genre d'aperçus. En lisant l'étonnant "Dix Japonais" de Léone Guerre (alias Agnès Duits, 1970), d'inspiration manifestement surréaliste - chaînon manquant entre "Nadja" et "Histoire d'O" - j'en ai la confirmation, par exemple avec cette scène où la narratrice s'abandonne à plusieurs hommes : "Alors ils attendaient leur tour. Je ne parvenais plus à m'identifier à un état d'esprit humain. La perte de tous mes anciens moi avait fleuri si immensément, je m'éparpillais si vertigineusement dans toute la chambre que je ne me trouvais plus. Je pouvais me voir faisant l'amour comme si j'eusse été dans tous les points de la chambre en même temps. Exactement comme si je m'étais contemplée à travers les yeux de n'importe lequel d'entre eux. Désir, plaisir, dégoût, n'étaient plus qu'un nuage dans lequel nous étions tous immergés."


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