lundi 29 décembre 2025
Par admin,
lundi 29 décembre 2025 à 15:25 :: Littérature française
Relisant "La philosophie dans le boudoir", je réalise que Sade est le visage grimaçant de Rousseau. Tous les deux fantasment un retour à l'état de nature. L'un rêve de bonheur et de bienveillance, l'autre de jouissance et de pulsions, mais ce sont des projets complémentaires. Et je ne suis décidément ni rousseauiste ni sadien... Je crois davantage au processus de civilisation et à l'éducation - le "Contrat social" de Rousseau constitue pourtant la matrice inconsciente de la vie politique française, il devrait me plaire. Hélas, il faut croire que les élans de cœur et de la raison ne s'embrassent pas toujours...
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lundi 29 décembre 2025 à 15:25 :: Littérature française
Mon pauvre père s'appelait Bernard - un prénom qui n'a pas l'air de vouloir revenir, même au sein de familles bobos. Il fleure bon le virilisme à la papa, l'assurance paillarde. Qu'on pense à Tapie, Giraudeau, Blier... Patrice Jean l'avait choisi pour son personnage de beauf qui se prend pour un philosophe, dans son tout premier roman réédité cette année dans le volume "La fin du monde avait bien commencé" : "La France de Bernard". L'auteur est surtout connu pour se moquer de l'époque, perçue comme dominée par le progressisme. Il s'attaque ici à un gros con de droite et ça n'est pas moins amusant. Ça tombe bien, mon père était un droitard, comme on dit aujourd'hui. Seulement il lisait beaucoup, surtout de l'histoire, et planchait sur une biographie de Mirabeau - comme quoi, la Révolution fascine jusqu'aux anticommunistes ! A la fin de cette comédie mordante, Bernard n'a pas tellement progressé en philosophie mais il a rencontré quelques philosophes et ça l'a dégoûté. Je me plais à croire que mon père se serait reconnu, non pas dans le côté beauf (il passait au contraire pour distingué et cultivé) mais dans la défiance vis-à-vis des logiques de courtisanerie dans le monde la culture. Quant à la satire de l'époque... Lui qui craignait l'arrivée des chars russes à l'avènement de Mitterrand, j'imagine sa tête si on lui parlait de wokisme !
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dimanche 28 décembre 2025
Par admin,
dimanche 28 décembre 2025 à 15:10 :: La Révolte des Gaulois (2020)
Le monde paysan se soulève contre un pouvoir central perçu comme méprisant, voire hostile, aveugle à certains enjeux. Les points communs avec la crise des Gilets jaunes sont nombreux, jusque dans la concurrence implicite avec la banlieue. Les analyses que j'avais proposées dans "La révolte des Gaulois" (Leo Scheer, 2020) (je reprenais le "gaulois réfractaire" de Macron) restent d'actualité.
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dimanche 28 décembre 2025 à 15:10 :: Cercle d'études potaches
Mieux que des anecdotes sur son nom, Pierre nous a raconté l'origine romanesque de la première occurence de son patronyme. Ne pouvant rivaliser avec autant de densité narrative j'y suis allé de mes propres formes, esquissées sur des feuilles que je livrais en pâture à l'assistance au gré des sauts et gambades de la conversation - ma vie triangulaire, le schéma de l'orobouros, des triangles et carrés chargés de symboles, le dessin des tablées du Cercle, autant d'occasions de réaliser l'étrange proximité entre géométrie et numérologie. Profitant de mes considérations sur l'importance de la spirale, Nicolas s'est fendu d'un test révélateur auquel nous nous sommes soumis de bonne grâce. Frederika nous a dessiné l'étrange symbole de la Sicile, j'y ai répondu par la pierre philosophale. Pour une fois j'ai placé l'essentiel de mes références, sauf peut-être un dessin des formes circulaires repérées chez Jules Verne. Mais qu'aurait fait Jules Verne parmi nous ? Il s'agissait plutôt d'évoquer Rabelais, comme j'en ai pris l'habitude, et j'ai clos le dîner sous l'insistance de Maï-Do par la lecture de la conclusion corsée, célébrant la vie festive et charnue, du prologue de Gargantua - je n'avais pas Jarry sous la main, mais Jarry vouait un culte au célèbre médecin de Chinon. A cette occasion j'ai manqué de m'étouffer, ce qui a quelque peu brouillé mon hommage. Heureusement nous avons bu du Chinon, précisément, l'occasion en ayant été manquée au quatrième dîner qui s'était finalement tenu au Sancerre. J'avais pourtant été ravi de dégotter un établissement dont le nom rappelait la naissance du maître. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas oublié de prononcer la sentence : "Le potache est chervi !" Seulement, elle m'est revenue à la toute fin de l'événement - après tout, pourquoi pas.
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lundi 22 décembre 2025
Par admin,
lundi 22 décembre 2025 à 17:16 :: Cercle d'études potaches
Après présentation des convives, j'ai précisé que le thème de la géométrie pouvait surprendre mais qu'il n'était pas incompatible avec le potache, bien au contraire. Jarry se laissait aller à des rêveries scientifiques, il a même clos son "Faustroll" par un calcul de la surface de Dieu. S'en est alors suivi un feu nourri de références, surtout sur ma gauche, comme le Cercle en a rarement connu, sur le thème des bisbilles entre science et littérature : Spengler, Stein, Spielrein, Gombrowicz... J'ai beaucoup agité ma cloche (au risque d'importuner les clients parfois âgés de la Rotonde) pour rabattre mes ouailles vers le thème, tant les vents de la littérature et de la vie éditoriale ont pu disperser le propos. Pire, la politique s'est trop souvent invitée parmi nous (peut-être parce que nous occupions, nous a révélé Guilaine, la table préférée d'Eric Zemmour !). Il faudra que je songe à rajouter un article dans la charte pour l'interdire, à moins de prévoir une séance qui lui soit consacrée. En tout cas ma cloche a fait son office et nous avons finalement plutôt bien tenu le thème. Selon moi, la conversation géométrique a même atteint la jolie moyenne de 40%, estimation que certains jugeront bien sûr outrageusement exagérée.
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lundi 22 décembre 2025 à 17:15 :: Cercle d'études potaches
Pour la première fois depuis la création du Cercle, en novembre 2024, j'ai accueilli des personnes que je n'avais connues que depuis cette date - les précédentes fois, il m'arrivait de présenter des amis de vingt ou trente ans. Parmi celles-ci, pas moins de quatre convives dont j'ai précisément fait la rencontre lors d'une soirée potache. Maï-Do est ainsi venue pour la seconde fois (elle avait débuté l'aventure avec le dîner de l'escargot), et je ne l'ai jamais vue par ailleurs. A ce titre elle a eu droit à une exceptionnelle exception à la règle des six convives fixée pour des raisons de rituel et d'intérêt pratique (à six, on peut espérer tout capter des conversations). Nous avons donc été 7, ce qui tombait bien : nous étions le 7 décembre, pour un 7ème dîner, et pour une soirée où je comptais mettre le 7 à l'honneur puisque sa force symbolique est indéniable et qu'il permet de conjuguer, géométriquement parlant, à la fois le triangle et le carré. Quant à Guilaine, elle a décroché le record des présences (quatre), ce qui lui a donné droit à un autocollant tout spécialement conçu par Jean-Fi de Belgique à l'occasion de la soirée Belle Hortense, soirée dont j'ai mystérieusement perdu les notes qu'elles m'avaient inspirées, notes que je consigne dans le coffret du potache. Faudra-t-il donc que certaines soirées deviennent fantômes, à la façon de ces personnes absentes mais significatives que j'ai pris l'habitude de nommer en début de dîner ?
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samedi 20 décembre 2025
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samedi 20 décembre 2025 à 16:01 :: Vie littéraire
Placés sous le feu nourri des questions imparables de Pierre P. (Le style, le rapport à l'époque, la politique...), à la Librairies des Oiseaux rares ce vendredi 5 décembre, nos trois romanciers (Patrice Jean, Pierre Cormary, Gabriel Boksztejn) en sont arrivés à la conclusion qu'un bon roman proposait forcément une dimension comique puisque celle-ci fait partie de la vie. Il est vrai que ces trois-là, pas mécontents de ferrailler avec l'époque, portent un regard féroce sur leurs contemporains. Pourtant les romans drôles restent assez rares, je trouve - il faut savoir les apprécier pour ça. Moi-même, j'avoue n'avoir publié que cinq romans tout à fait non-drôles... Même, dramatiquement sérieux ! Malgré tout je me soigne, puisque je me suis promis d'ouvrir une décennie d'écriture légère (dont la création du Cercle potache est une émanation). Par ailleurs une amie m'a récemment avoué qu'elle avait beaucoup ri en lisant "La Viveuse"... J'ai d'abord cru à une vacherie, mais non : elle a bien perçu du burlesque dans ces aventures que tellement d'autres ont considérées comme sordides. Il ne me resterait donc qu'à épanouir une veine dont j'étais à peine conscient... Redonnant ainsi raison à nos conférenciers !
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samedi 20 décembre 2025 à 15:59 :: Cercle d'études potaches
Depuis trois jours, pensant à la soirée géométrie du Cercle potache, j'ai tendance à voir des carrés, des triangles, des ronds partout... D'où mon plaisir et ma surprise à découvrir l'étonnant reliquaire de Notre-Dame contenant la couronne d'épines, qui s'est bientôt soulevée pour déambuler dans la cathédrale comme chaque premier vendredi du mois. Les formes géométriques ne sont pas mortes ! Un futur convive me confiait qu'il n'aimait pas les cercles, symboles d'éternel retour, parce qu'il fuit sa jeunesse comme la peste. J'y vois plutôt l'éternité... Nous en reparlerons demain !
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mardi 16 décembre 2025
Par admin,
mardi 16 décembre 2025 à 16:37 :: Cercle d'études potaches
Il n'y aura pas d'invité fantôme à la soirée géométrie (l'exercice se prêtait davantage au Père-Lachaise ou aux histoires de famille) mais un invité d'honneur, un invité qui s'imposait puisque son nom pourrait avoir inspiré le principe même de cette soirée : Pierre Poligone. Comment ne pas s'en réjouir ? Nous célébrerons la magie des mots, la magie des hasards, la magie des formes, et la verve de Pierre fera des étincelles - Pierre à feu !
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Par admin,
mardi 16 décembre 2025 à 16:37 :: Cercle d'études potaches
Sublime exposition "Gothiques" au Louvre-Lens. Je fonds en amour pour les gargouilles, les perspectives monumentales, le romantisme noir, à l'heure où je deviens à la fois obsédé par la mystique et par le romanesque des légendes de toutes sortes, qu'elles nous viennent du monde grec ou des brumes du nord (ici, cet homme souriant n'est rien moins qu'un tentateur diabolique). La lecture de Jung n'est pas pour rien dans mon éveil à cette richesse des "images élémentaires", dont je compte d'ailleurs m'inspirer pour animer la soirée potache "géométrie" de dimanche. A priori, il n'existe aucun point commun entre le gothique et les triangles, les carrés, et pourtant...
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lundi 15 décembre 2025
Par admin,
lundi 15 décembre 2025 à 16:09 :: Cercle d'études potaches
soirée géométrie
Événement potache 7
A vos crayons !
Venez mettre vos vies
En courbes et formules
Dimanche 7 décembre, de 20h à 22h
Restaurant La Rotonde
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Par admin,
lundi 15 décembre 2025 à 16:07 :: Essais / Philo / Témoignages
Je lis peu de ce qu'on pourrait appeler "les romans historiques", toutes ces fictions développées sur un arrière-fond lointain, que les personnages soient inventés, romancés ou inspirés de figures réelles. Il y a finalement mille degrés dans le genre. Je me souviens du virevoltant "Fortune de France" de Robert Merle sur fond de guerres de religion - le romanesque fonctionnait à plein, tout en peignant la vie quotidienne. Je me souviens des "Rois maudits" de Maurice Druon, prenant place avant la Guerre de cent ans, d'une écriture plus dense, cernant les intrigues terrifiantes des cours et des palais. Avec Dounia Tengour et son "Catherine d'Aragon et Jeanne la Folle" (Perrin 2025) je découvre une écriture précise et sobre, au présent, collant à la vérité historique mais donnant sa chance à l'effet de réel et à la dramatisation. J'avoue être admiratif de ces plumes qui parviennent, par je ne sais quel miracle de travail et de talent, à donner cette sensation d'ampleur et de profusion... Quelle ambition ! Quel vertige !
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