La littérature sous caféine


dimanche 23 novembre 2025

Gothique français

L'épouvante, le gothique, le bizarre ont mauvaise presse en France - sauf s'ils sont estampillés américains. Alors il faut saluer les plumes dans ces genres-là quand elles sont de qualité. Raphaël Eymery proposait en 2017 un roman tout à fait singulier, "Pornarina" (Denoël, Prix Sade du premier roman 2017), outrancier par ses thèmes, baroque par sa composition, élégant par son écriture, mélange détonnant d'enquête et d'horreur sur fond de psychopathie et de détracage sexuel. Jusqu'au bout la prostituée-à-tête-de-cheval restera mystérieuse pour mieux hanter le lecteur. Hâte de découvrir les autres pépites d'Eymery, passées et à venir !

Encore raté

Encore une occasion ratée pour le cinéma français d'adapter de manière convaincante la légende arthurienne ! Alexandre Astier est brillant dans le burlesque mais en lorgnant vers l'épique il perd son souffle (Kaamelott 2 (2025)). L'épopée peut tolérer quelques incursions comiques, elle ne survit pas au format du sketch, surtout quand l'intrigue se perd en une multitudes de quêtes si éloignées du corpus originel qu'on se demande bien quel est leur sens.

Dommage. Le cinéma français a pourtant su s'inspirer de Balzac, Dumas, Zola... Pourquoi butte-t-il sur l'écueil du Graal, dont la France a pourtant fourni des jalons essentiels ? Si Astier s'en était tenu à l'héroï-comique, il aurait pu rivaliser avec les Monty Python. Je n'ose même pas regarder la version de Rohmer et de Luchini, j'aurais peur qu'elle me gâche à la fois Chrestien de Troyes et Rohmer !